LIECHTENSTEIN

LIECHTENSTEIN
LIECHTENSTEIN

Le Liechtenstein est un État de 160 km2, situé entre les cantons suisses de SaintGall et des Grisons et la province autrichienne du Vorarlberg. Le Rhin lui sert de frontière commune avec la Suisse sur près de 30 kilomètres; les Alpes, prolongement de la chaîne rhétique, forment une dorsale nord-sud culminant au Grausspitze (2 599 m). Sa population est de 29 300 habitants en 1992, dont 36 p. 100 d’étrangers (16 p. 100 de Suisses). La capitale, Vaduz (5 000 hab.), est dominée par le «Burg» princier.

Vestige du Saint Empire, élevé au rang de principauté en 1719, le Liechtenstein, qui doit sa souveraineté à Napoléon Ier, est une monarchie constitutionnelle; le prince régnant est assisté d’un gouvernement collégial de cinq membres, dirigé par un chef de gouvernement, véritable détenteur du pouvoir, et d’une diète de vingt-cinq membres. L’allemand y est la langue nationale et le catholicisme, religion d’État.

Au point de vue international, le Liechtenstein s’est uni par des liens très étroits à la Suisse (union douanière, monétaire et postale), qui en assure la représentation extérieure, mais il est néanmoins un État souverain.

Naissance de l’État

Peuplé à l’origine par les Rhètes, tribu celtique, le pays tombe, vers l’an 15 avant J.-C., sous la domination de Coire (Curia Rhaetorum ), puis des Alamans (261). En 843, le traité de Verdun l’incorpore au duché de Souabe. Passant successivement entre les mains des familles de Montfort, Brandis, Sulz et Hohenems, les deux seigneuries de Schellenberg et Vaduz (aujourd’hui Oberland et Unterland), devenues «possessions immédiates d’Empire» en 1696, sont acquises par le prince Hans Adam de Liechtenstein, respectivement en 1699 et 1712. Le 23 janvier 1719, l’empereur Charles VI élève les deux seigneuries au rang de principauté d’Empire sous le nom de Liechtenstein, trois cent quarante-troisième État du Saint Empire. Les guerres de la Révolution et de l’Empire n’épargnent pas le pays; en 1799 notamment, le général Masséna l’envahit et livre bataille aux Impériaux dans l’Unterland; quatre mille morts restent sur le champ de bataille.

En l’incluant dans la Confédération du Rhin, en 1806, Napoléon lui donne la souveraineté. Incorporé, en 1818, dans la Confédération germanique, le Liechtenstein s’appuie de plus en plus sur la monarchie austro-hongroise et signe avec elle un traité d’union douanière en 1852. Le long règne de Johann II (1858-1929) est marqué par une lente modernisation du pays. Le dernier conflit auquel il participe – la guerre de 1866 entre l’Autriche et la Prusse, qui se termine par la défaite de Sadowa – met fin à la Confédération germanique, à la suite de quoi il supprime son armée. De la paix de Prague (1866) à l’effondrement de la Double-Monarchie en 1918, le Liechtenstein vit dans la dépendance de son puissant voisin; malgré sa neutralité pendant la Première Guerre mondiale, sa symbiose économique et administrative avec l’Autriche lui apporte, vers la fin du conflit, la ruine et l’hostilité des puissances alliées et, par voie de conséquence, la révolution de 1921, l’introduction du franc suisse comme monnaie nationale et la prise du pouvoir par le Volkspartei, parti favorable à la rupture des liens étroits avec l’Autriche et à un rapprochement avec la Suisse.

Par une série d’accords passés de 1919 à 1923, le pays s’intègre dans la sphère économique et politique de la Suisse, qui assure sa représentation diplomatique à l’étranger, ainsi que son service postal. Il est alors incorporé au territoire douanier helvétique. Son existence et ses frontières sont officiellement reconnues par le traité de Saint-Germain (1919), mais sa candidature à la Société des Nations est rejetée.

Les inondations catastrophiques du Rhin au cours de l’hiver 1927, dues au manque d’entretien des turcies, et le krach de la Caisse d’épargne nationale de 1928 discréditent le Volkspartei qui doit céder la place au Bürgerpartei.

Peu de temps après l’annexion de l’Autriche au Reich allemand en 1938, le prince Franz Ier, qui a succédé à Johann II en 1929, abdique en faveur d’un neveu, Franz Josef II (1938-1989) dont le fils, Hans Adam II, est le souverain actuel.

Malgré la menace d’un mouvement nazi et une tentative de putsch en mars 1939, le peuple liechtensteinois, dans une très grande majorité, reste fidèle au prince et à son idéal de liberté. Profitant de sa neutralité, le Liechtenstein traverse l’époque du conflit mondial sans trop de dommage. À partir de 1950, le Liechtenstein connaît un développement industriel considérable (instruments de précision, technique du vide, chaudières, dents artificielles, industries alimentaires et textiles); corrélativement, la population agricole tombe de 30 à 1,4 p. 100. Des ressources additionnelles proviennent du tourisme, de la vente de ses timbres-poste, de ses instituts bancaires et de l’imposition de sociétés étrangères attirées par un régime fiscal favorable. Le budget de l’État atteint, en 1991, quatre cents millions de francs suisses. La Suisse verse au Liechtenstein, au prorata de la population, les recettes provenant de l’impôt sur le chiffre d’affaires (I.C.H.A.) ainsi que les taxes douanières, en vertu de l’accord douanier.

Une principauté populaire

Les premiers princes de Liechtenstein furent des souverains absolus; résidant à Vienne, ils étaient représentés à Vaduz par un commissaire, qui n’avait pas toujours la main tendre, ne laissant aux deux «avoyers» élus par l’Oberland et l’Unterland qu’un rôle consultatif très limité. Une charte ne fut octroyée qu’en 1818.

En 1858 monte sur le trône un souverain libéral et avisé, Johann II, qui fit de son pays un État moderne. Une constitution promulguée en 1862 garantit les droits fondamentaux de l’individu et pose le principe de la séparation des pouvoirs. Le pouvoir exécutif est entre les mains du souverain, représenté dans le pays par un administrateur assisté de deux conseillers nommés par le prince pour six ans. Ce dernier réside dans la capitale depuis 1938; il partage l’exercice du pouvoir législatif avec une diète de quinze membres, dont trois sont nommés par lui. Ce système dure jusqu’en 1921 où, après une brève révolution sans effusion de sang, dont le but est la «liechtensteinisation» des institutions politiques, administratives et judiciaires et non un changement de régime, le prince promulgue la Constitution du 5 octobre 1921, toujours en vigueur pour l’essentiel.

Depuis cette date, si le prince est le chef de l’État, il règne, mais ne gouverne pas. Le pouvoir effectif appartient à un gouvernement élu, pour quatre ans, par la Diète et composé d’un chef de gouvernement, assisté d’un vice-chef (traditionnellement de l’opposition) et de trois conseillers du gouvernement. Le pouvoir législatif appartient à une diète de vingt-cinq membres, élus pour quatre ans au suffrage universel, direct et secret. Le peuple a le droit d’initiative législative par voie de référendum. Pour le Liechtensteinois, le système de gouvernement idéal se concrétise dans le mot Volksfürstentum («principauté populaire»). Les femmes n’ont obtenu le droit de vote qu’en 1984.

La vie politique

La vie politique est entre les mains de deux partis politiques aux programmes assez semblables: le Fortschrittliche Bürgerpartei (les «noirs»), qui détint le pouvoir de 1928 à 1970, et la Vaterländische Union – «Volkspartei» – (les «rouges»), qui est revenu au pouvoir en mars 1970, mais l’a perdu en 1974 pour le reprendre en 1978 avec Hans Brunhart, l’actuel chef du gouvernement.

Les oppositions sont plus des questions de personnes que de différences dogmatiques ou de programme, ce qui n’exclut pas des crises qui obligèrent le prince à dissoudre la Diète en 1953 et 1958. La faible majorité traditionnelle, à la Diète, du parti au pouvoir (treize sièges contre douze) implique une entente avec la minorité. Depuis 1939, les deux partis forment une coalition gouvernementale et se partagent les charges officielles selon une proportion correspondant au nombre de voix obtenues aux élections législatives. Ce système a permis une remarquable stabilité gouvernementale; cinq chefs du gouvernement seulement se sont succédé de 1928 à 1992.

État souverain, le Liechtenstein est membre de plusieurs organisations internationales (Union internationale des télécommunications, Union postale universelle, Association européenne de libre-échange, Agence internationale de l’énergie atomique, etc.). Il a été admis membre de plein droit du Conseil de l’Europe en novembre 1978 et participe à la Conférence européenne sur la sécurité et la coopération (accords d’Helsinki). Il est membre de l’O.N.U. depuis 1990 et a accédé à l’Espace économique européen en mars 1992.

Il est également partie à de nombreuses conventions multilatérales et passe des traités bilatéraux, principalement avec les États voisins. Ses relations avec la Suisse demeurent régies par le droit international; l’existence d’une ambassade de la principauté à Berne et la nomination d’un ambassadeur d’Autriche auprès du gouvernement de Vaduz sont là pour le confirmer; en outre, dans certains domaines, notamment en matière fiscale et judiciaire, le Liechtenstein a conservé l’exercice de sa souveraineté. Il possède un drapeau et un hymne national, et il émet ses propres timbres-poste et des pièces d’or.

Liechtenstein
principauté de l'Europe centrale, située entre la Suisse et l'Autriche; 160 km²; 27 710 hab. (Liechtensteinois, dont 35 % d'étrangers, suisses surtout); cap. Vaduz. Nature de l'état: monarchie constitutionnelle. Langue off.: allemand. Monnaie: franc suisse. Relig.: catholicisme. Géogr. et écon. - Formé des Alpes rhétiques et de la rive droite alluviale du Rhin, le Liechtenstein a un climat montagnard humide, favorable aux herbages et à l'élevage laitier. Paradis fiscal, le pays a attiré de nombreuses entreprises étrangères qui en ont fait une place industr., fin. et comm. importante. Les habitants jouissent de l'un des revenus les plus hauts de la planète. Le tourisme est actif. Hist. - Formée de la réunion des seigneuries de Vaduz et de Schellenberg (1699), le Liechtenstein est élevé en 1719 au rang de principauté par l'empereur Charles VI. Après l'épisode napoléonien, il entre dans la Confédération germanique de 1815 à 1866, s'unit à l'Autriche dans une union douanière (1876-1918), puis signe avec la Suisse (1921-1924) un ensemble d'accords. Le prince régnant est Hans-Adam II, qui a succédé à son père François-Joseph II (prince de 1938 à 1984, mort en 1989). En 1986, les femmes ont obtenu le droit de vote. Le Liechtenstein est devenu membre de l'ONU en 1990, de l'A.E.L.é. en 1991 et de l'Espace économique européen en 1992. Depuis 1938, la coalition formée par l'Union patriotique et le Parti bourgeois progressiste (P.B.P.) gouvernait le pays. En 1997, l'audience électorale du P.B.P. se rétrécit et il se retira du gouvernement.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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